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Campagne
nationale d’information sur l’hépatite C
et d’incitation au dépistage du VHC |
1er juin 2001 MINISTERE DELEGUE A LA
SANTE |
Communiqué de presse - Dossier hépatite C
SOMMAIRE
ÄEpidémiologie et
surveillance de l'hépatite C
ÄOrganisation des soins
pour les personnes atteintes de l'hépatite C
ÄRéduction des risques liés
au tatouage et piercing
ÄUsagers de drogues par voie
intraveineuse (UDIV)
Le dépistage de l’hépatite C est justifié par :
· · la prévalence élevée de l’infection dans la population (1%) et sa morbidité potentielle (cirrhose, cancer)
· · l’intérêt d’une prise en charge médicale précoce des personnes et des récentes avancées thérapeutiques de l’hépatite C chronique active : bithérapie, nouvel interféron à action prolongée
· · l’innocuité et l’acceptabilité du dépistage, qui repose sur la réalisation d’un sérodiagnostic ne nécessitant qu’une prise de sang ;
· · la qualité des tests de dépistage.
La connaissance du statut sérologique parmi les
personnes séropositives
En 1994-1995, parmi les 500
000 à 650 000 personnes séropositives pour le VHC en France, on estimait
qu’environ 80% ne connaissaient pas leur statut sérologique. En 1998, cette
proportion, chez les assurés sociaux séropositifs pour le VHC de la région
Centre, était de 50%, et serait comprise fin 1999 entre 30 et 40%.
Les populations à dépister
Les recommandations sur les populations à dépister ont été adaptées à plusieurs reprises depuis 1993 en fonction des données scientifiques et des résultats des stratégies antérieures.
Après la recherche des transfusés demandée aux établissements de santé par voie de presse (circulaire du 26 mars 1993), il a été demandé, en 1996, aux médecins de proposer largement un test de dépistage à l'ensemble de la population. Les recommandations de la conférence de consensus française de 1997 ont été centrées sur trois populations : transfusés (avant 1991), toxicomanie (voie intra-veineuse et per-nasale) et population carcérale.
La nouvelle stratégie
engagée depuis juin 2000, documentée et précisée par les recommandations
l’Agence nationale de l’accréditation et d’évaluation en santé (janvier 2001),
définit l’ensemble des populations à qui proposer systématiquement un test de
dépistage. Un dépistage généralisé de la population et une nouvelle recherche
des transfusés ne sont pas recommandés.
Evolution du nombre de tests de dépistage
Le dépistage de l’hépatite C est réalisé par un test ELISA. Ce test doit être renouvelé sur un deuxième prélèvement en cas de résultat douteux ou positif. La recherche d’ARN viral par amplification génomique (PCR) permet de savoir si l’infection est chronique.
Environ 80% des tests de dépistage sont effectués en ville et 20% à l’hôpital. D’après les analyses effectuées par la CNAMTS à partir de la mise en application du codage des actes de biologie médicale, les chiffres suivants sont disponibles : Le nombre de tests de dépistage (ELISA) a connu une augmentation soutenue en 1999 (+ 18.2 % en 1999 relativement à 1998) poursuivie en 2000 (+ 15.2 % au 1er semestre 2000, par rapport au 1er semestre 1999).
Le nombre total de tests ELISA réalisés peut être estimé sur la base de l’analyse du codage de la biologie et compte-tenu de la répartition ville/hôpital énoncée ci-dessus (80%/20%).
Il est estimé à un
peu plus de 1 016 000 en 1999. D’après les données du 1er semestre
2000, il se situerait entre 1 150
000 et 1 200 000 en 2000.
Dépistage dans les Centres de Dépistages Anonymes et Gratuits (CDAG)
La circulaire DGS/DH/DSS n° 98/423 du 9 juillet 1998, relative aux missions et aux objectifs des Consultations de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG), a étendu les compétences de ces consultations de dépistage du VIH au dépistage du VHC.
La loi n°99-641 du 27 juillet 1999 portant création d’une couverture maladie universelle a confirmé dans son article 35 que les CDAG peuvent être habilitées par le représentant de l’Etat à participer, dans les mêmes conditions que pour l’infection à VIH, à la lutte contre d’autres maladies transmissibles, et notamment contre les hépatites. Un décret (n° 2000-763 du 1er août 2000) et un arrêté (5 octobre 2000) pris en application de cette loi précisent les modalités de dépistage de l’hépatite C dans les CDAG.
A partir du troisième
trimestre 1998, 134 CDAG (représentant la moitié des sites principaux) ont
commencé à utiliser un nouveau bilan d’activité mentionnant l’activité de
dépistage VHC. L’analyse de ces bilans indique que 7167 personnes ont bénéficié
d’un test VHC (sur 55 982 personnes accueillies). 365 personnes étaient
positives, soit une proportion de 5%. Si l’on se limite aux seules CDAG, hors
prison, la proportion de tests ELISA VHC positifs (3,9 %) est apparue trois
fois plus importante que celle estimée en population générale (1,2 %).
Le financement du dépistage par l’Assurance Maladie
L’impact
financier du dépistage pour 2000, dans le cadre de la préparation de la loi de
financement de la sécurité sociale, a été évalué à un montant de 211 MF (193 MF
pour les personnes infectées avant 1995 et 18 MF pour les personnes récemment
infectées). Le coût prenait en compte la réalisation du test ELISA et celle de
la recherche de l’ARN viral par amplification génomique (PCR : Polymerase Chain
Reaction) préconisée depuis une conférence de consensus de février 1999.
Prévalence
En France, la prévalence de la séropositivité des anticorps anti-VHC a été estimée à environ 1,2% de la population, soit 500.000 à 650.000 personnes parmi lesquelles 80 % (400 000 à 500.000) sont porteuses du virus (Action concertée sur l’épidémiologie de l’hépatite C- Réseau national de santé publique, octobre 1995).
La prévalence varie avec
les régions (1,7% en Provence Alpes côte d’Azur) et avec l’âge. D’après les
estimations, la proportion de personnes qui connaissent leur statut sérologique
est passée de 20% en 1994 à environ 50% en 1998 et serait comprise entre 60 et
70% en 2000.
Transmission
Le virus se transmet
essentiellement par contact du sang d’une personne infectée avec celui d’une
personne indemne ou par le contact des muqueuses avec un objet souillé par du
sang infecté. Les populations à risque élevé d’infection sont actuellement bien
identifiées (Recommandations du Comité d’experts réuni par l’ANAES, 18 janvier
2001).
Surveillance épidémiologique
La surveillance épidémiologique de l’hépatite C relève des missions de l’Institut national de la Veille Sanitaire (InVS).
Les actions en cours concernent la surveillance des patients nouvellement pris en charge (1er contact avec un pôle de référence), la mise en œuvre d’un réseau national de laboratoires d’analyses de biologie médicale, le suivi de la prévalence de l’hépatite C et des nouvelles infections chez les donneurs de sang et l’évaluation des modes de transmission résiduels :
· · Surveillance volontaire des infections nouvellement prises en charge. Elle a débuté en avril 2000 en collaboration avec des pôles de référence hépatite C et concerne 24 pôles. Elle doit permettre de suivre l’évolution dans le temps des infections par le virus de l’hépatite C nouvellement prises en charge. Des premiers résultats sont prévus à la fin du premier semestre 2001 ;
· · Réseau national de laboratoires d’analyses de biologie médicale. Ce réseau de surveillance va permettre de quantifier l’activité de dépistage des laboratoires par région et d’en suivre les tendances. Il a débuté au premier janvier 2000. Il donnera des informations sur l’impact éventuel de l’incitation au dépistage sur l’activité de dépistage des laboratoires d’analyse et de biologie médicale ;
· · Evaluation des modes résiduels de transmission du VHC. Elle comporte une enquête cas-témoins à partir des séroconversions détectées dans plusieurs populations et une cohorte prospective de toxicomanes séronégatifs dans le Nord et l’Est de la France (cette dernière soutenue en collaboration avec l’Agence Nationale de Recherches sur le Sida (ANRS). Des données sont attendues au début 2002.
· · Co-infection VHC-VIH : l’enquête un jour donné sur la prévalence de l’infection à VHC chez les patients infectés par le VIH hospitalisés (déjà réalisée en collaboration avec l’APPIT et les CISIH) sera coordonnée en 2001 par l’InVS.
Pour les années à venir, les priorités (InVS)
sont de :
· · Estimer à nouveau (en 2002) la prévalence de l’infection par le VHC dans la population par une enquête permettant des estimations régionales fiables. Cette enquête est également destinée à estimer la proportion de patients dépistés et à évaluer leur niveau de prise en charge. Elle sera réalisée en partenariat avec l'Assurance Maladie et les centres d’examen de santé .
· · Mettre en place une surveillance de l’hépatocarcinome.
· · Contribuer à l’évaluation des conséquences de l’hépatite C à long terme (morbidité [cirrhose, cancer hépatocellulaire], mortalité…).
· · Evaluer le risque de transmission du VHC lié au piercing, en collaboration avec une équipe de l’hôpital Rothschild. Certains des risques de transmission sont très faibles (piercing, risque nosocomial, iatrogène, soins dentaires…). Ils ne peuvent être appréhendés par les enquêtes épidémiologiques d’observation et nécessite de mettre en œuvre une approche par analyse quantitative du risque de transmission du VHC (AQR).
· · Réaliser une enquête sur les fréquences et les déterminants des pratiques à risques de transmission du VIH et du VHC des sujets consommant des produits couramment injectés (soutenue par l’ANRS). Une phase de faisabilité est en cours de réalisation en 2001. L’enquête sera mise en œuvre en 2002 selon les résultats de l’enquête de faisabilité.
Le ministère assure le
suivi de l'évolution quantitative et qualitative de l'activité hospitalière
grâce à un système d'information créé à cet effet. Ce suivi a montré que le
traitement par la bithérapie associant interféron et ribavirine s'était
généralisé fin 1999, ainsi que le recommandaient les experts. Il existe, en
outre, une augmentation du nombre de recours aux soins et du nombre de patients
mis sous traitement. Environ 8000 traitements ont été initiés par les services
hospitaliers en 1998 et près de 10 400 en 1999, soit une augmentation de plus
de 30 %. Le nombre de traitements serait stable en 2000.
Financement
par l’Assurance Maladie
Les actes corporels à visée cosmétique comportant une effraction cutanée (tatouage, piercing, dermographie, épilation par électrolyse) pratiqués depuis l’antiquité connaissent actuellement un regain de popularité au sein de couches variées de la population.
Les risques infectieux (infections à germes banals, locales et parfois invasives) sont documentés et l’attention du ministère a été attirée sur les risques éventuels de transmission virale (VHC, VHB, VIH).
Le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France a été saisi et a rendu un avis le 15 septembre 2000. Il estime que le risque de transmission virale est possible tout en étant difficile à individualiser pour des raisons méthodologiques.
En septembre 2000, le ministère chargé de la santé a décidé de mettre en œuvre des mesures afin de réduire ces risques infectieux. Il s’agit notamment :
D’informer les " praticiens " de ces actes des risques et des moyens de les prévenir Dans le cadre du programme national de lutte contre l’hépatite C, un dépliant d’information sur les principaux risques infectieux et les principales précautions à prendre a été adressé individuellement en janvier 2001 à l’ensemble de ces " praticiens ".
· · Un guide technique de bonnes pratiques d’hygiène de ces actes a été rédigé par des infectiologues et des hygiénistes. Il sera prochainement édité et diffusé auprès des tatoueurs, des pierceurs et des réseaux qu’ils sont susceptibles de fréquenter.
D’informer le public susceptible de demander la réalisation de ces actes, en particulier les jeunes. Le programme de communication 2001 comporte le passage des spots radios, la réalisation de bandeaux internet. Il s’agit d’attirer l’attention du public notamment sur les risques infectieux et sur les dangers des pratiques " sauvages ".
Parallèlement
un effort de recherche de quantification des risques infectieux liés au
piercing est poursuivi par des études sous le contrôle de l’InVS et de l’ANRS.
Les usagers de drogues par voie intraveineuse constituent le groupe le plus touché par l’infection à VHC et restent très exposés malgré des modifications de comportement. La prévalence dans cette population de 100 à 160 000 personnes est aujourd’hui de 50 à 60%.
L’accès facilité aux seringues stériles par le biais des pharmacies et des programmes d’échanges de seringues a soutenu le changement de comportement des UDIV dans le sens d’une moindre prise de risque. La diffusion des traitements de substitution contribue à une baisse de la pratique de l’injection.
Cependant, on observe un
partage fréquent du matériel d’injection -eau, récipient de dilution et de
chauffe, coton…- tandis que le partage de la seringue est devenu rare.
Un public confronté à de multiples difficultés
Il n’existe pas une seule toxicomanie mais des usages de drogues avec des consommations, des dépendances différentes en fonction des individus, de leur trajectoire, de l’offre de soins et de l’évolution du marché des drogues.
La clandestinité de l’usage de drogues et les effets de leur consommation se conjuguent à une forte précarité sociale :
· · inactivité professionnelle
· · précarité du logement
· · délinquance
· · incarcération.
De plus, à la toxicomanie
qui est souvent une polytoxicomanie s’ajoutent, outre le VHC, l’infection à VIH
(20 % sont infectés par le VIH) et des troubles psychiatriques sérieux pour une
partie des personnes concernées.
Prévention
La prévention de
l’infection à VHC repose sur une politique qui s’attache à réduire l’ensemble
des risques associés à l’usage de drogues, en particulier par voie
intraveineuse (overdose, infections virales, mais aussi désinsertion sociale)
et à favoriser l’accès aux soins.
Cette politique a deux volets principaux :
· · la prévention des risques de transmission virale (information, accès au matériel d’injection, aide à la survie)
· · la prise en charge de la toxicomanie (traitement de substitution, etc…)
Elle implique d’aller au
devant des usagers les plus marginalisés et de se préoccuper de l’ensemble des
problèmes sanitaires et sociaux : prévention des contaminations, hygiène
(conseils, douches, repos...), santé (soin du corps, alimentation, orientations
vers l’hôpital), conditions de vie (logement...) et droits sociaux.
Les actions de prévention et de réduction des risques :
L’accès au matériel d’injection :
Depuis 1987, les seringues sont vendues en pharmacie sans prescription. L’offre en officine est complétée par les programmes d’échange de seringues et les distributeurs automatiques.
- Les trousses de prévention pharmaceutiques et associatives (Stéribox2®, Kit+®, Kap® ) :
En 1994, la mise en vente dans le réseau officinal de la trousse de prévention Stéribox® a été généralisée à l’ensemble du territoire. En 1999, le Stéribox2®, plus complet, a été mis en vente afin de permettre d’éviter non seulement la contamination par le virus du sida et des hépatites mais aussi les abcès.
Sa distribution est favorisée par une contribution financière de l’État (2 F par trousse) qui permet sa mise à disposition au prix conseillé de 7 F.
Le Stéribox complète l’accès
aux seringues à l’unité.
- Par ailleurs, les associations soutenues par des crédits publics distribuent gratuitement les trousses de prévention associatives " modèle de rue " (Le Kit+®, le KAP®), qui ont un contenu similaire au Stéribox2®, comme les y autorise le décret du 7 mars 1995.
- Ces trousses sont également mises à disposition grâce à des automates sur la voie publique :
- A la fin de l’année 2000 environ 270 automates, distributeurs, récupérateurs et échangeurs de trousses de prévention étaient installés sur le territoire et accessibles 24h/24.
- 100 programmes d’échange de seringues sont répartis sur le territoire national et fonctionnent dans des lieux fixes (associations, pharmacies) ou mobiles (bus, équipes de rue).
La distribution du matériel d’injection et des préservatifs sert de support à la création de liens, favorise la diminution des comportements à risques et offre la possibilité d’orientation vers des services sociaux ou de soins.
Ces services contribuent à sensibiliser les acteurs sanitaires et sociaux aux pratiques de réduction des risques.
- Les lieux de contacts ou " boutiques " sont des lieux de premier accueil pour usagers de drogues les plus précarisés. Ces services offrent, outre les services de programmes d’échange de seringues, une assistance matérielle (douche, aide alimentaire, machine à laver, …), des soins infirmiers, une écoute et des services sociaux. 42 structures de ce type existent actuellement, animées par des équipes pluridisciplinaires de quatre à cinq personnes.
Ce dispositif a été créé sans cadre contraignant afin de rendre possible l’évolution et l’adaptation des objectifs et des pratiques aux besoins des usagers. Dans ces structures, les formalités d’accueil sont réduites au minimum.
L’ensemble de ce dispositif est financé majoritairement par l’Etat mais également par l'Assurance Maladie sur le fonds national de prévention d'éducation et d'information sanitaire dans le cadre des déclinaisons locales des thématiques nationales.
La participation des usagers est le corollaire essentiel (connaissance des besoins, contacts avec les usagers, éducation par les pairs) de ce dispositif.
Elle repose sur le soutien à des associations, leur participation à la conception des outils (brochures, kits, actions de prévention, etc…) et sur le rôle actif des usagers ou ex usagers au sein des équipes de première ligne.
Ces acteurs de terrain peuvent créer un lien avec les usagers de drogues actifs les plus réfractaires aux institutions. Ce sont des agents d’accueil ou de prévention, des personnes-relais qui connaissent particulièrement bien leur ville ou leur quartier et ses habitants. Ils connaissent aussi le fonctionnement du marché, les lieux et modes de consommation ainsi que les habitudes de vie, les codes de communication, les liens de sociabilité et les rapports de force entre usagers de drogues. Ils apportent un savoir-faire complémentaire aux professionnels du champ sanitaire et social : éducateurs spécialisés, assistants sociaux, médecins ou infirmiers travaillant dans les structures.
La mobilisation des pharmaciens joue un rôle majeur :
Le pharmacien d’officine joue un rôle de prévention important auprès des usagers de drogues car il est le principal dispensateur de seringues et de préservatifs :
- Sur 19 millions de seringues distribuées en 1999 (d’après les chiffres du système de surveillance SIAMOIS mis en place par l’INVS), les pharmaciens d’officine en ont vendus 90% soit à l’unité soit par l’intermédiaire des trousses de prévention (2, 8 millions de stéribox vendus en 1999).
- plus de 50 millions de préservatifs / an (toutes populations confondues).
De nombreuses pharmacies ont accepté l’installation, sur leur devanture, de Distribox® (distributeurs de Stéribox®).
Par ailleurs, plusieurs réseaux de pharmaciens ont mis en place des programmes d’échange de seringues et d’échange de kits en pharmacie avec des associations de terrain, grâce à un financement public.
Le rôle des élus locaux est fondamental, au travers de leurs missions de médiation et d’insertion, pour implanter des programmes de prévention qui s’intègrent au cœur même de la vie de la cité.
La réduction des risques en milieu carcéral :
Le taux de prévalence observé en détention demeure trois à quatre fois supérieur à celui observé dans la population générale équivalente (20-50 ans).
Les infections à VHC et à VIH demeurent un problème majeur. Différentes mesures ont été prises depuis 1996 :
· · distribution d’eau de javel pour la désinfection du matériel d’injection
· · l’accès aux traitements de substitution
· · l’accès aux préservatifs essentiellement par l’intermédiaire des services médicaux.
Ces mesures restent insuffisamment mises en œuvre. Un rapport sur la réduction des risques de transmission du VIH et des hépatites virales en milieu carcéral a été élaboré par une mission conjointe santé /justice. Les recommandations de ce rapport devraient être rendues publiques prochainement.
Perspectives concernant la réduction des risques
Les actions de réduction des risques menées auprès des toxicomanes depuis une dizaine d’années ont eu des résultats positifs (baisse de la prévalence du VIH, baisse des overdoses mortelles, accès aux soins). Elles doivent être poursuivies.
Le maintien et le progrès des comportements préventifs, en particulier pour faire reculer la diffusion du VHC, exige le maintien d’un bon niveau d’accessibilité du matériel d’injection. Cela implique la diversité de l’offre, l’adaptation continue du dispositif aux évolutions des modes de consommation et un renforcement des actions d’aide à la survie et d’accès aux soins.
Le
renforcement de la politique de réduction des risques est prévu dans le cadre
du plan triennal gouvernemental adopté le 16 juillet 1999 sur proposition de la
Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT).
En 2000, 6 nouvelles boutiques et 4 Programmes d'Echange de Seringue (PES) ont
été ouverts dans le cadre de ce plan.
Objectifs :
-
- générer une prise de conscience collective de la potentielle
gravité de l’hépatite C,
- - favoriser une démarche de dépistage chez les personnes concernées
- - et informer sur les progrès thérapeutiques.
Une campagne en deux temps pour favoriser une démarche de dépistage
chez les personnes concernées :
- Mi-juin : une campagne
dans la presse quotidienne
Cette campagne prendra la forme d'une pleine page et de trois pages " news " publiées, à partir du 15 juin, dans 66 titres de la Presse Quotidienne Régionale et dans Le Monde, Le Figaro, Libération, Le Journal du Dimanche, L'Equipe et A Nous Paris. Les annonces citeront les catégories de personnes concernées par le dépistage de l'hépatite C, afin de les inciter à se faire dépister ou à demander conseil à leur médecin.
- Septembre / octobre : une
campagne radio
Cette campagne complète le
travail de sensibilisation et d’incitation au dépistage de la campagne presse
en permettant de diffuser le message dans la durée et de toucher une large
cible.
Un document d’information complet sur l'hépatite C pour le grand
public :
- Juin : Le document d’information "Tous publics" réalisé dans le cadre de la campagne 2000 sera diffusé via les médecins généralistes.
- Septembre : Un nouveau document sera diffusé à l’ensemble des médecins
concernés par le VHC (généralistes, gynécologues, pédiatres, acuponcteurs…) et
aux réseaux associatifs et institutionnels (Caisse Primaires d'Assurance
Maladie, Directions Départementales des Affaires Sanitaires et Sociales …).
Une information pratique et pédagogique sur l'hépatite C et le
dépistage pour les professionnels de santé :
Afin de leur donner les moyens de répondre aux questions de leurs patients, notamment suscitées par la campagne média, une information claire et actualisée sur les modes de transmission du virus et les personnes à inciter au dépistage sera mise à la disposition des médecins.
- Juin : un
"mémo" sur le dépistage
Ce dépliant reprend les catégories de personnes à inciter au dépistage et les situations à risque, listées par l’Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé, afin d’aider les médecins à déterminer quelles personnes ils doivent inciter à se faire dépister. Il sera envoyé aux médecins généralistes, anesthésistes, gynécologues, pédiatres, cardiologues, gastro entérologues et aux médecins des prisons ainsi qu’aux DDASS, DRASS, CPAM, associations de lutte contre l’hépatite C, réseaux VHC et pôles de référence hépatite C.
- Septembre : une
information pratique et pédagogique sur l’hépatite C et le dépistage
Un outil faisant le point
sur tous les aspects de la maladie (la clinique de l’hépatite C, les modalités
de la prise en charge des personnes atteintes et les précautions particulières
que les patients doivent prendre) sera diffusé auprès des professionnels de
santé.
Les usagers de drogues au cœur d'un dispositif d'information et
d'incitation au dépistage :
Les usagers de drogues, population fortement exposée au VHC, seront très régulièrement informés sur les pratiques susceptibles de transmettre le virus et sensibilisés à la nécessité de se faire dépister.
- Septembre : une
information sur les pratiques susceptibles de transmettre le virus
La brochure faisant le point sur l’hépatite C et spécialement conçue pour les usagers de drogues, réalisée en 2000, sera rediffusée par l’intermédiaire des associations et des réseaux ville hôpital.
- A partir de septembre :
une incitation au dépistage
- L'affichette d’incitation au dépistage renvoyant sur la brochure ci-dessus, réalisée en 2000, sera rediffusée dans les mêmes réseaux.
- Pour compléter cette incitation et afin de donner une plus grande visibilité au message d’incitation au dépistage, un outil sera conçu pour être inséré dans les trousses d’injection (Stéribox, Kit et Kap). Cet outil rappellera, de manière simple et brève, la nécessité de se faire dépister.
- A partir de septembre :
une information des travailleurs sociaux
Un travail de formation,
via un partenariat mis en place avec la revue des CCAS et les ASH, sera amorcé
auprès des travailleurs sociaux afin de leur donner les moyens, le cas échéant,
de répondre aux questions des usagers.
Un guide de "bonnes pratiques" pour les tatoueurs et les
pierceurs :
- Septembre : un guide de bonnes pratiques, rédigé par un groupe de travail regroupant des professionnels de santé et des personnes pratiquant le tatouage et le piercing, sera imprimé et diffusé auprès des personnes pratiquant des actes non médicaux avec effractions cutanées (tatoueurs, pierceurs …).
Ce guide sera mis en ligne
sur les sites internet du Ministère, de l'Assurance Maladie et du CFES ; et des
bandeaux renvoyant au guide sur les sites dédiés au tatouage et piercing.
Une sensibilisation des jeunes aux risques liés au tatouage et au
piercing :
- Mai / juin : une campagne
radio sur les risques liés au piercing et au tatouage
La radio est le média privilégié des jeunes. C’est le support le plus compétitif sur les 15-24 ans.
Le dispositif : une sélection de radios en affinité sur les 15-24 ans (Skyrock, NRJ, Fun Radio, le Parisiennes et Maurice radio). Des messages diffusés pendant trois semaines à partir du 19 mai.
- Septembre : une
communication par le biais d’Internet
Une page d’information sera
mise en ligne sur les sites du Ministère, de l'Assurance Maladie et du CFES ;
et des partenariats seront mis en place avec des sites consacrés aux pratiques
du tatouage et du piercing ainsi que des sites " jeunes " (musique…).
Des outils pour faciliter la vie des personnes atteintes :
Une information claire sur
le circuit à suivre à l’annonce de leur séropositivité (nouvelle consultation
du médecin pour contrôle biologique, consultation d’un spécialiste…) et sur les
traitements et précautions à prendre (hygiène de vie, vis-à-vis de leur
entourage …) sera délivrée aux personnes atteintes par l’intermédiaire des
médecins.
- Juin : un agenda
d’accompagnement des personnes atteintes
Cet agenda permanent facilitera la vie quotidienne des personnes en traitement grâce à des conseils pratiques en vue d’une observance optimale d’un traitement aux effets secondaires parfois très lourds. Il sera diffusé en priorité dans les pôles de références VHC aux personnes débutant leur traitement.
- Septembre : un livret à
l’usage des personnes atteintes " L’hépatite C : questions et réponses
"
Ce livret contiendra, sous une forme simple et pratique, l’essentiel des connaissances actuelles sur l’hépatite C afin d'apporter des réponses aux questions que se posent les personnes atteintes et leur entourage.
Conférence
de Presse
Bernard
KOUCHNER
1er
juin 2001